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Désirad…issima, terre d'iguanes

Exceptionnelle, La Désirade l’est à bien des égards. Ce bout de terre affronte sans broncher les flots de l’Atlantique depuis près de 150 millions d’années. Nonobstant ses 22km², la doyenne des petites Antilles accueille l’une des dernières populations endémiques viables d’Iguana delicatissima. C’est que le climat particulier de l’île et sa végétation de forêt littorale se conjuguent harmonieusement pour leur offrir un habitat des plus favorables.


Cependant, comme ailleurs aux Antilles, la menace d’invasion par l’iguane rayé est bien présente. Approvisionnée par barge et desservie par une navette à passagers quotidienne, l’île s’expose à des introductions accidentelles des iguanes communs fréquentant les ports de Jarry et de St-François. C’est donc avec une certaine fatalité que l’on a observé en 2016, le premier individu mâle d’iguane commun à La Désirade.


Les principaux objectifs du Plan National d’Actions pour le rétablissement de l’iguane des petites Antilles trouvent un prolongement décisif sur cet îlot. Plus que jamais, La Désirade est un territoire témoin de notre capacité à juguler la menace d’envahissement de l’iguane rayé. Les raisons en sont multiples.

Panneau de signalisation © Rémi Favrel

Dans cet espace insulaire, les impacts des actions de conservation peuvent être plus facilement évalués et conduire aux ajustements nécessaires. Le suivi de la mortalité routière est un exemple encourageant d’une expérimentation adaptative. Pour prévenir les écrasements des iguanes malchanceux, l’île a vu son axe routier principal s’équiper de panneaux de danger spécifiques, qui désormais contribuent même à son image d’Épinal. Cette communication doublée d’un suivi des zones à risques est susceptible de donner de bons résultats.


La sensibilisation et la formation des acteurs locaux aux enjeux de la protection de l’iguane péyi est aussi un levier incontournable. Plusieurs événements de communication ont déjà permis l’ébauche d’un réseau de veille local. Les prochaines étapes en seront la formalisation et in fine son autonomie.


Les protocoles de suivi des populations d’iguanes des Petites Antilles se mettent en place avec succès à La Désirade. Ils constituent une base de données fondamentale pour la conservation de l’espèce. L’écologie, la biologie des espèces, la dynamique des populations sont autant de champs de connaissances qui sont explorés à La Désirade, comme sur les îlets de Petite Terre ou encore sur l’îlet Chancel en Martinique. Si cette année, les campagnes habituelles de suivi risquent fort d’être décalées pour cause de confinement, les acteurs sur place restent mobilisés.


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